18 juillet 1948, Aix-les-Bains – Lausanne, 256km
Vainqueur : Gino Bartali (It)
En ce dimanche 18 juillet, à une semaine de l’arrivée à Paris, c’est avec le maillot jaune sur les épaules que Gino Bartali, dit « Gino le Pieux » – il était très croyant – aborde l’étape qui doit conduire la caravane du Tour à Lausanne. L’étape lausannoise va permettre à l’Italien, qui fête ce jour-là ses 34 ans, d’asseoir encore un peu plus sa domination. C’est dans les vignes du Lavaux que Bartali passe à l’action. Dans le montée du Tronchet, entre Grandvaux et Forel, il attaque et personne ne lui résiste. C’est avec près de deux minutes d’avance qu’il franchit la ligne d’arrivée en vainqueur sur la piste cendrée du Parc des Sports de la Pontaise. Le stade n’était pas encore celui que l’on connait depuis la Coupe du monde de football de 1954, mais il avait déjà sa piste d’athlétisme. Le public a répondu présent en masse aux organisateurs de la Pédale Lausannoise.
21 juillet 1949, Saint-Vincent d’Aoste – Lausanne, 265km
Vainqueur : Vincenzo Rossello (It)
Ce jeudi 21 juillet, il ne reste que quatre étapes avant l’arrivée à Paris lorsque le peloton du Tour de France s’élance de Saint-Vincent d’Aoste pour rejoindre Lausanne, via le col du Grand Saint-Bernard et le col des Mosses. La veille, Fausto Coppi a lâché son grand rival Gino Bartali dans la descente du Petit Saint-Bernard pour s’imposer en solitaire à Aoste et s’emparer du maillot jaune. On imaginait une nouvelle lutte entre les deux Italiens sur la route de Lausanne, mais il n’en a rien été ce sont leurs gregari qui en ont profité. Vincenzo Rossello et Bruno Pasquini ont pu faire leur course et ils ont terminé ensemble à Lausanne, précédant le Suisse Gottfried Weilenmann de 5’37’’. Une nouvelle fois, la foule avait envahi le stade de la Pontaise pour ovationner le valeureux Weilenmann. Fausto Coppi a terminé en jaune à Paris.
3 juillet 1952, Mulhouse – Lausanne, 238km
Vainqueur : Walter Diggelmann (S)
Le 3 juillet 1952, pour la troisième fois en cinq éditions, le Tour de France fait étape à Lausanne. Malheureusement sans Ferdi Kubler ni Hugo Koblet, vainqueurs des deux précédents Tours en 1950 et 1951, mais absents en 1952. Cette fois, l’étape lausannoise est dans la première partie du Tour, avant l’entrée dans les Alpes. Entre Mulhouse et Lausanne, les favoris ne s’intéressent pas à la victoire, ce qui permet à une échappée de sept coureurs de prendre le large. Parmi eux figure Walter Diggelmann. A 37 ans, le Zurichois s’était mis en tête de remporter une étape et il avait coché celle de Lausanne. Sur la piste cendrée du stade de la Pontaise, Diggelmann fait valoir ses excellentes qualités de pistard pour prendre la tête avant le dernier virage et être idéalement placé dans la dernière ligne droite. Il ne laisse aucune chance à ses adversaires. C’était une époque où le Tour de France entraînait dans son sillage de grandes vedettes. Ce soir-là, Tino Rossi chantait à la Riponne tandis que Charles Trenet était, lui, sur la place Pépinet.
19 juillet 1978, Morzine – Lausanne, 137,5km
Vainqueur : Gerrie Knetemann (PB)
Le 19 juillet 1978, le Tour de France fait son retour à Lausanne. La ligne d’arrivée a été tracée sur le haut de l’avenue de la Gare. Cette étape, courte, survient à la sortie des Alpes, à quatre jours de l’arrivée à Paris. Suite au déclassement de Michel Pollentier à l’Alpe d’Huez – il a été pris en flagrant délit de tricherie lors du contrôle antidopage après l’étape qu’il venait de gagner – c’est Joop Zoetemelk qui est en jaune avec 14’’ petites secondes d’avance sur Bernard Hinault. Dans les vignes du Lavaux, un groupe de sept coureurs se détache et entre dans Lausanne par le quai d’Ouchy. Le circuit final (av. d’Ouchy, av. de la Gare, av. Jurigoz, av. du Denantou, quai d’Ouchy) est à parcourir à trois reprises. Coureur puissant, à la fois excellent rouleur et très bon sprinter, Gerrie Knetemann a su attendre le bon moment pour démarrer au début de l’ultime montée de l’avenue d’Ouchy et s’imposer avec une poignée de secondes d’avance sur ses poursuivants devant une foule très nombreuse. Ce sera le premier des cinq Tour de France de Bernard Hinault.
19 juillet 2000, Evian – Lausanne, 155km
Vainqueur : Erik Dekker (PB)
Comme en 1978, c’est à la sortie des Alpes et à quatre jours de l’arrivée à Paris que le Tour de France fait de nouveau étape à Lausanne. A l’inverse de 1978, la situation est très claire au classement général : l’avance de Lance Armstrong sur Jan Ullrich dépasse les 5 minutes. L’étape de Lausanne étant dénuée de grosses difficultés et l’arrivée jugée sur l’avenue de Rhodanie, on se dit que les sprinters vont pouvoir se régaler. Mais dans les rues de Lausanne (av. Provence, av. Tivoli, rue Centrale, rue César Roux, av. Mon Repos, av. Jurigoz, av. Denantou, quai d’Ouchy), une fois la ligne d’arrivée franchie une première fois, la course est difficile à contrôler. A 3km de l’arrivée, Mario Aerts s’échappe en compagnie d’Erik Dekker. Le peloton chasse sans pouvoir empêcher ce dernier de conserver une longueur d’avance pour s’imposer devant l’Allemand Erik Zabel.
9 juillet 2022, Dole – Lausanne, 186km
Vainqueur : Wout Van Aert (Be)
C’est par un temps magnifique que Lausanne accueille le Tour de France le 9 juillet 2022. La veille, au sommet de la Planche des Belles-Filles, Tadej Pogacar avait encore dominé Jonas Vingegaard. Tout au long de la route, de la Vallée de Joux au lac Léman, le succès populaire est là. Le peloton est de nouveau compact à Ouchy au moment d’aborder la montée à la Pontaise (av. d’Ouchy, de la Gare, du Théâtre, Jules Gonin, de Beaulieu, Jomini, Plaines-du Loup) et on sait que les favoris vont émerger. Au milieu d’une foule dense et enthousiaste, Pogacar est emmené par ses équipiers pour s’offrir un nouveau succès, mais les spécialistes de ce genre d’arrivée, Wout Van Aert et Michael Matthews vont le devancer sur la ligne devant le parking du Vélodrome. Trois jours plus tard, dans l’ascension du col du Granon, Pogacar sera distancé par Vingegaard et lui cédera le maillot jaune.
C’est ce jour-là qu’Emilie Moeschler, municipale des sports à Lausanne, exprime le souhait auprès de Marion Rousse, consultante pour France Télévisions et promue directrice du Tour féminin, d’accueillir le Tour de France Femmes avec Zwift à Lausanne.
Les arrivées du Tour de France en Suisse
Genève (1913, 1914, 1919, 1921, 1922, 1923, 1935, 1937, 1951, 1990)
Lausanne (1948, 1949, 1952, 1978, 2000, 2022 – départ d’Aigle le lendemain)
Bâle (1971, 1982, grand départ avec un prologue et une étape)
Zurich (1955)
Crans-Montana (1984)
Fribourg (1997)
Neuchâtel – La Chaux-de-Fonds (1998)
Verbier – Martigny (2009)
Porrentruy (2012)
Berne (2016)
Finhaut-Emosson (2016)
La Genevoise, Elise Chabbey, ne sera pas sur la ligne de départ du Tour Femmes
L’absence d’Elise Chabbey sur la liste de départ du Tour de France Femmes avec Zwift 2026 a surpris de nombreux observateurs. La Genevoise, lauréate du maillot à pois en 2025 et brillante vainqueure des Strade Bianche au printemps, semblait pourtant disposer de solides arguments pour figurer dans la sélection de la FDJ United-Suez.
Ce choix illustre toutefois la densité exceptionnelle de l’effectif de l’équipe française, construit autour de plusieurs ambitions sportives et de leaders capables de jouer le classement général. Malgré cette non-sélection, Elise Chabbey reste l’une des figures majeures du cyclisme suisse et l’une des coureuses les plus offensives du peloton international. Son absence prive le public helvétique d’une représentante emblématique sur les routes de cette édition 2026, mais nul doute qu’elle aura rapidement d’autres occasions de briller au plus haut niveau.

